Jérusalem, trois ans plus tard…

P1020007Une échoppe de café, une autre de jus de fruits ou de pâtisseries arabes toutes plus mielleuses les unes que les autres, une autre encore remplie de vêtements suspendus jusqu’au plafond. Des jeux d’échecs, des ustensiles en aluminium, services à thé, articles de pharmacie, bijoux, tissus, dromadaires en peluche et surtout, toutes sortes de figurines et symboles religieux. Sous les arcades en pierre, des hommes agglutinés, parfois sur des tabourets, parfois avec une shisha, qui s’abritent du soleil tapant. Après trois ans, je suis de retour à Jérusalem. Jérusalem la mystérieuse, l’envoûtante, la magnifique, la conflictuelle. Rien de tel qu’une immersion dans les rues de sa vieille ville pour retrouver tous les contrastes de cette terre qui, selon certains, serait sainte.

Des groupes de touristes plus ou moins rougis par le soleil ont osé s’aventurer jusque dans le souk arabe. A les voir déambuler ou traîner leur valise à roulettes qui claquent et bondissent sur les pavés de pierre qui semblent avoir mille ans, on se rappelle du fameux «syndrome de Jérusalem» évoqué dans les pages du guide, ce syndrome qui rendrait les gens fous, fous de Dieu. Combien en seront atteints? «Tous les ans, des milliers de touristes affluent à Jérusalem pour suivre les traces des prophètes et certains rentrent chez eux en pensant qu’ils sont ces prophètes. Le syndrome, médicalement reconnu, se manifeste par un élan mystique et une empathie excessive avec les lieux saints, qui entraîne une identification avec des personnages de la Bible ou l’assurance que l’Apocalypse est proche», peut-on lire. Dans les années 30, la maladie aurait été découverte par un éminent psychiatre de la cité soignant une Anglaise persuadée que le retour du Christ était imminent. Pour accueillir le Messie, elle escaladait régulièrement le mont Scopus, une tasse de thé à la main. Un hôpital psychiatrique de la ville serait même habitué de ce type de patients.

Dans cette ville sainte aux milles églises, mosquées et synagogues, sanctuaire et lieu de déchirement des religions monothéistes, le mélange est d’ailleurs frappant. Femmes arabes voilées de la tête aux pieds, juives aux cheveux, coudes et genoux couverts eux aussi, palestiniennes aux noirs cheveux déployés sur les épaules, touristes en shorts décontractés, juifs portant la kippa, les papillotes, et toutes sortes de chapeaux permettant d’identifier leur tradition religieuse, pélerins chrétiens en quête de sérénité. Tous semblent cohabiter. Seule la présence un peu partout de jeunes militaires armés vient trahir la réalité conflictuelle du lieu. Après trois ans, je m’apprête justement à m’y replonger.

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